Artiste perfectionniste et entrepreneur avisé, le Japonais Takashi Murakami, 48 ans, a développé un art pétri de culture manga et de pop art, qu'il décline sous différentes formes tout en s'affichant comme l'un des plasticiens contemporains les plus cotés du moment. Dualité et paradoxes. Takashi Murakami produit un art à la fois haut de gamme et populaire. Il crée des œuvres uniques extrêmement travaillées, recherchées par les grands collectionneurs. Il s'épanouit dans le luxe en relookant les accessoires Vuitton. Et réalise dans le même temps des tapis de souris, des porte-clefs, des foulards et des coussins en grand nombre. Le mariage entre le "high art" et le "low art" le passionne et son aventure versaillaise en signe un nouvel épisode. L'exposition d'une vingtaine de ses œuvres dans les appartements royaux et les jardins du château de Versailles à partir du 14 septembre, sonne comme une consécration symbolique pour ce tokyoïte d'origine modeste, qui a à cœur de rendre plus accessible l'art contemporain. Son père est chauffeur de taxi. Sa mère lui fait découvrir les musées. En 1988, il s'inscrit à l'Université des Beaux-Arts et de musique de Tokyo. Il y étudie notamment le Nihon-ga, style de peinture de la fin du XIXe siècle qui s'attache à faire la synthèse entre l'art japonais et les influences occidentales. Diplômé en 1993, Murakami séjourne ensuite à New York, grâce à une bourse, et s'y imprègne de pop art. A son retour au Japon, il plonge dans l'univers des "otaku", ces jeunes Japonais rivés à leurs ordinateurs, accros aux mangas et aux jeux vidéo. Muramaki, qui porte un chignon, une barbichette et de fines lunettes rondes, crée ses propres héros. Perfectionniste, Murakami est un bourreau de travail, aidé de nombreux assistants mais soucieux de tout contrôler. Artiste protéiforme, il est peintre avant toute chose, mais il réalise également des sculptures et des films d'animation. Il multiplie les éditions signées et numérotées de ses œuvres. Il édite des livres et de nombreux produits dérivés. Pour lui, l'art se doit d'être accessible. Pour mener à bien toutes ces activités, Murakami, qui est également agent pour d'autres artistes contemporains, a créé une société, KaiKai Kiki, basée à Tokyo, avec des antennes à New York et à Los Angeles.
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