Nicolas Boulanger, directeur du pôle luxe au cabinet d’études Eurostaf affirme : « Depuis 2008, le luxe, comme les autres secteurs, vit une phase difficile ». Comparé aux 10% de croissance des années précédant la crise de 2008, le marché mondial a chuté d’au moins 6% en 2009. Ce chiffre s’explique par le fait que les grandes maisons ont réduit leurs investissements à court terme en limitant les ouvertures de boutiques par exemple. Toutefois « les marques, telles Chanel, Dior, Hermès, LVMH et Yves Saint Laurent, restent profitables et conservent de fortes capacités d’investissement » précise Nicolas Boulanger. Ce sont les sous-traitants qui ont souffert le plus du recul de l’activité. L’île de France compte 5 000 entreprises sous-traitantes employant 30 000 salariés, soit les trois quarts des entreprises françaises de luxe. Certaines grandes marques ne sont pas épargnées notamment dans la joaillerie, l’horlogerie et les arts de la table. Christofle finalise la fermeture de son site de Saint-Denis et déplore une chute de 18% de son chiffre d’affaires en 2009. Pour parer à la crise, le spécialiste de l’argenterie haut de gamme ferme les boutiques en difficulté et en ouvre dans les zones porteuses. L’activité est aussi recentrée sur l’orfèvrerie et la création et les dépenses sont vues à la baisse. Dans ce climat de crise, l’Etat multiplie les actions pour venir en aide aux sous-traitants. Après la création en 2005 du label des Entreprises du patrimoine vivant qui offre un appui en matière de financement, en 2010, une banque de la mode et une grande école de la création seront ouvertes et un plan d'actions sera lancé pour soutenir les entreprises.
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