Sonia Rykiel, l'une des dernières maisons de luxe française encore indépendante, est en « discussions exclusives » avec la société d'investissement hongkongaise Fung Brands, pour lui céder 80% de son capital. La société a précisé que la famille Rykiel demeurerait « un actionnaire significatif avec 20% du capital et assurerait ainsi la continuité avec le nouvel actionnaire ». Sonia Rykiel cherchait depuis la fin du printemps 2011 un éventuel partenaire pour se développer à l'international, l'idée initiale étant de céder une participation minoritaire. Nathalie Rykiel, fille de la fondatrice Sonia Rykiel et actuellement présidente et directrice artistique de la marque, restera vice-présidente du conseil d'administration. Fung Brands, créée il y a un an par la famille éponyme, est dirigée par le Français Jean-Marc Loubier, un ancien responsable de Louis Vuitton et ancien PDG de Céline. La société a déjà repris la majorité du chausseur de luxe drômois Robert Clergerie et du maroquinier belge Delvaux. Nathalie Rykiel s’est dite « réjouie » de cette alliance, insistant sur la « connaissance du secteur de la mode, le projet industriel et l’assise financière » de Fung Brand, qui pourra ainsi « pérenniser la marque et la développer avec succès sur de nouveaux marchés », toujours dans le « respect de son identité ». Le nouvel actionnaire envisagerait notamment de développer le segment maroquinerie et chaussures. La maison française Sonia Rykiel est bénéficiaire, mais son chiffre d'affaires, de plus de 100 millions d’euros en 2008, est descendu à 90 millions d'euros en 2010 et a stagné en 2011. Jean-Marc Loubier espère le doubler d'ici cinq à six ans. Quant à la fille de Nathalie Rykiel, Lola, elle continuera à gérer la communication du groupe aux Etats-Unis. La moitié des ventes du groupe est réalisée à l'étranger, et près de 365 personnes étaient salariées fin 2010. Sonia Rykiel distribue ses produits dans 30 pays, à travers 65 boutiques en propre et plus de 1 700 espaces de vente.
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