L’AHCI, un vivier de talents reconnaissants

Publié le 15/06/2016 par Benjamin Teisseire
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L’AHCI a vu passer de très grands noms de l’horlogerie, de George Daniels à Philippe Dufour, pour ne citer qu’eux. Et sa renommée n’est plus à faire. Devenir membre est un gage de qualité, une reconnaissance par les plus grands horlogers, par l’industrie tout entière ainsi que par les collectionneurs. C’est une aide précieuse pour tous les jeunes horlogers talentueux, désireux de se créer un nom. Il faut pour cela être parrainé par deux membres existants et faire ses preuves au sein de l’Académie pendant deux ans, avant de pouvoir exposer en son sein. La plupart de ceux qui y sont passés et ont bénéficié de ce cadre de développement, de cette aura et de son rayonnement auprès des collectionneurs souhaitent aujourd’hui contribuer aussi à son expansion pour la remercier de son soutien initial.


François-Paul Journe par Baumgartner.

Ainsi, parmi les grands de l’horlogerie, François-Paul Journe est l’un de ceux-là. Membre depuis 1988, il a toujours été actif au sein de l’Académie, malgré les hauts et les bas des rapports, forts caractères obligent. Il a créé la Young Talent Competition en 2015, dont il est le principal sponsor, pour récompenser les jeunes horlogers les plus talentueux et leur donner le coup de pouce initial en leur offrant les outils horlogers pour élaborer leurs créations, ainsi qu’un stage au sein de sa propre manufacture. Comme il le dit lui-même : « Nous les aidons à écrire la première page du livre de leur histoire, après c’est à eux d’inventer la suite ». Il contribue au rayonnement de l’Académie en y associant aussi son aura personnelle, étant l’un des rares indépendants à avoir réussi à réellement créer sa propre marque, avec sa propre manufacture de mouvements à Genève, ses propres boîtiers (les Boîtiers de Genève, intégré en 2012, ndlr) et cadrans (les Cadraniers de Genève créé en 2000 et dont Vacheron est aujourd’hui coactionnaire, ndlr), ses propres magasins (dix en propre dans le monde). Il appelle de ses vœux le développement de l’Académie vers encore plus de soutien pour les jeunes talents. Il estime que l’AHCI pourrait faire encore plus en offrant des services communs. Mais il sait combien il est difficile d’accorder ensemble de tels artistes.

De même, Peter Speake-Marin, horloger reconnu ayant participé à la création de la Horological Machine 1 (première création de MB&F, ndlr), sur les Opus V et VI de Harry Winston ainsi qu’à la création des Maîtres du Temps (marque indépendante datant de 2005, ndlr), a créé sa marque éponyme en 2003. Il est membre de l’AHCI depuis 2004. Sa griffe prend son essor à partir de 2010 lorsqu’il décide de produire ses propres mouvements et d’adopter une véritable politique de création de marque avec tout ce que cela implique. Il nous explique que, pour lui, l’AHCI est une formidable plateforme pour apprendre le « business », côtoyer les plus grands talents horlogers du moment et l’incroyable richesse créative de la haute horlogerie. Aujourd’hui encore, il est impressionné que toutes ces nationalités différentes, ces points de vue parfois excentriques, arrivent à coexister au sein de l’Académie. Son mentor, Antoine Simonin du WOSTEP (Watchmakers of Switzerland Training and Educational Program), avait coutume de dire : « Mettez deux horlogers dans la même pièce, ils risquent de finir par s’entretuer ».
Il respecte profondément l’Académie et pour lui rendre hommage et la remercier de tout ce qu’elle lui a apporté, il a conçu le livre pour son 25e anniversaire « The Hands of Times ».
Lui aussi estime que l’AHCI devrait se développer en capitalisant sur ses forces : les histoires des individus qui la composent. L’authenticité, la créativité de ses horlogers sont une source intarissable de « story-telling », un terreau fertile pour assurer son expansion et son rayonnement.


Modèle Urwerk T-Rex.

Felix Baumgartner, créateur avec Martin Frei de URWERK, membre depuis 1999, reconnaît aussi tous les bienfaits que lui a procuré l’AHCI à ses débuts. Le soutien des anciens, le développement d’un réseau de collectionneurs et distributeurs, la visibilité accrue, furent de véritables étapes dans le développement de sa marque. Mais c’est surtout la légitimité que l’Académie apporte lorsque l’on parvient à devenir membre, qui est essentielle, voire décisive. Martin Frei évoque l’Académie comme « le village d’irréductibles Gaulois d’Astérix », avec ses fortes personnalités, qui lutte pour conserver son mode de vie. Aujourd’hui, l’enseigne URWERK est sponsor de l’Académie… pour « rendre à César ».


Kari Voutilainen - Modèle Vingt-Huit en or rose.

Kari Voutilainen a rejoint l’Académie en 2006 et crée aujourd’hui tous ses composants en interne, jusqu’à son propre échappement. Il assure lui-même la finition à la main de chacune des pièces qui composent ses mouvements. Un travail d’orfèvre qui prend un temps incalculable. Malgré cela, il a été membre du comité de direction de l’Académie pendant plusieurs années. C’est une charge de travail supplémentaire très importante pour un horloger indépendant qui doit déjà assurer seul tous les aspects du développement de sa propre entreprise. Donner du temps est sans doute la chose la plus difficile pour tout indépendant.

C’est le paradoxe de tous ces créateurs de merveilleux garde-temps, mais leur reconnaissance envers l’Académie et leur volonté de la soutenir les poussent à toujours y consacrer leur précieux temps.

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