Rencontre avec Jean-Marc Delabre et Vincent Faraco, fondateurs de Végétalement Provence

Publié le 15/09/2015 par Mathilda Panigada
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Végétalement Provence une maison de cosmétique française basée au cœur de la Provence, à Saint-Rémy-de-Provence plus exactement. Créée par deux professionnels pour les professionnels. La marque s’est rapidement imposée comme une référence française en matière de cosmétique alternative combinant santé et beauté comme nulle autre. C’est « l’art maîtrisé du végétal au service des cheveux, de la peau, de la beauté, pour servir les plus exigeants et redonner du sens au rituel quotidien » expliquent les deux fondateurs. Fort de quelques récompenses en matière d’innovation, soutenu par la banque pour l’innovation, cité en exemple de dynamisme face à la crise par le réseau des Chambres de commerce de France, Végétalement Provence met à profit tous les bienfaits des huiles végétales et des huiles essentielles de son terroir méditerranéen pour créer une ligne cosmétique révolutionnaire à destination des professionnels de la beauté, mais aussi du grand public. Nous avons rencontré les deux fondateurs, en quête de qualité et de valeurs uniques.

Afin de mieux comprendre votre démarche, pouvez-vous nous retracer les moments clefs de vos carrières respectives ?
Jean-Marc : J’ai passé trente ans dans l’industrie des cosmétiques, chez Sebastian International, une marque américaine proposant des produits de niche, exclusivement à destination des salons de coiffure. J’ai commencé en tant que représentant, avant de devenir chef des ventes puis directeur des ventes et enfin directeur général. J’ai piloté le développement de la marque sur le marché français jusqu’à ce qu’elle devienne leader en dix ans. Elle a ensuite été rachetée par le groupe Wella, ce qui m’a permis de cumuler les fonctions de drecteur général et membre du comité de direction de Wella France. J’ai quitté le groupe lorsqu’il a été cédé à Procter & Gamble, avant d’être chassé pour devenir directeur général d’un réseau de franchises de salons : Hair Club, une institution dans la profession en termes de réseaux de salon. Puis en 2005, j’ai rencontré Vincent.

Vincent : De mon côté, j’ai tout d’abord démarré ma carrière à l’étranger en officiant dans la diplomatie internationale au sein du Consulat général de France de San Francisco aux USA, avant de rejoindre le numéro 2 mondial de l’agroalimentaire, la société américaine Kraft Food international, à l’époque une filiale du groupe Phillip Morris, N°1 mondial du tabac. J’ai commencé en tant que commercial avant de terminer compte-clef au siège parisien. Suite à cela, j’ai intégré le monde du luxe en tant que directeur commercial international d’une maison horlogère. Les conséquences des événements du 11 septembre m’ont contraint à réorienter ma carrière. J’ai ensuite décidé d’investir dans un laboratoire cosmétique spécialisé dans des créations à destination des professionnels de la beauté. Cela m’a permis de mieux appréhender cette industrie et de rencontrer mon futur associé Jean-Marc avec lequel j’ai souhaité ouvrir une nouvelle page de ma vie fondée sur le partage, le bon sens et les valeurs d’entreprise comme nous ne savons plus beaucoup en faire. Nous avons créé notre société UNIVERSAL BEAUTY GROUP dans les derniers jours de l’année 2005.

Quelle est la philosophie de Végétalement Provence ?
Il s’agit d’un nouveau concept de cosmétiques, une offre de rupture qui se positionne en réponse non seulement aux cosmétiques synthétiques traditionnels mais aussi à leurs confrères, les cosmétiques naturels et cosmétiques certifiés Bio. Nos produits sont 100% végétaux, riches en actifs. Nos cosmétiques ne sont pas seulement de jolies bouteilles, avec de jolis ingrédients, il s’agit de créations très techniques, qui répondent aussi et surtout à des besoins professionnels. Nos créations doivent certes séduire les clients de nos clients coiffeurs, mais avant tout convaincre les experts de la peau et du cheveu. Ce qui marque notre différence, c’est justement notre expertise de la beauté et le mariage que nous proposons avec notre expertise en « chimie verte ». Nos matières premières sont sourcées partout dans le monde, et nous apportons une attention toute particulière à l’intégralité de la chaîne de production, de la variété de la plante au mode d’extraction, en passant par le mode de culture. Cette attention nous amène à privilégier certains actifs par rapport à d’autres. Nous allons dans le détail des choses et à tous les étages. Nous sommes partisans du total intégré qui nous permet d’être à la fois plus réactifs mais surtout plus pertinents dans la belle maîtrise de nos ouvrages. Nous sommes distribués par les professionnels dans les salons, les instituts, les spas, voire quelques concept-stores contemporains et plus récemment dans les hôtels de luxe. Avec nos produits d’accueil en chambres, les clients vivent une véritable expérience si différenciante, que cela permet de générer plus de flux dans les espaces beauté au sein des hôtels.

Comment décririez-vous le concept de Végétalement Provence ?
Végétalement Provence est une maison de beauté avec une offre à 360° pour les professionnels de la beauté. Sur ce type de marché, l’offre est habituellement segmentée par secteur : cheveux, produits soins du visage, du corps, maquillage… Nous avons réuni tous ces univers sous une seule et unique identité, ce qui nous confère une valeur ajoutée unique. Une valeur affective, culturelle et utilitaire.

Nous avons tout d’abord identifié les besoins des professionnels, afin de proposer une diversification à l’offre existante et faire vivre à la consommatrice, une expérience unique.

En quoi vos produits sont-ils innovants ?
Sur le marché, vous pouvez trouver des produits de soins composés de près de 95% d’eau. En schématisant, nous pouvons partir du postulat que nos produits contiennent au moins vingt fois plus d’actifs et minimum trois fois plus d’huiles essentielles. Nos créations contiennent au moins la moitié moins d’eau que l’offre habituelle, certaines de nos créations sont même sans eau. Nous voulons que nos clients en aient pour leur argent.

Et sur le plan de l’entreprise ?
Nous avons mis en place des processus permettant une démarche transversale et par projet : nous impliquons nos collaborateurs dans chacun de nos projets. Cela permet de décloisonner, tout en gagnant en efficacité sans parler de l’envie de fédérer les équipes sur le long terme. C’est un management très collaboratif. Nos salariés ne travaillent pas pour l’entreprise, ils sont l’entreprise. De plus, pour notre siège, nous avons fait construire un bâtiment en bois qui respecte les normes environnementales en vigueur et qui est une véritable référence en matière de construction écologique en Provence, dans les Bouches-du-Rhône.

Quand avez-vous lancé la marque ?
Nous l’avons lancée en 2011, mais la croissance n’a commencé à se consolider qu’à partir de 2012 / 2014. Nous enregistrons à présent une croissance à deux chiffres, avec de belles perspectives à l’export.

Comment faire pour exister et trouver ses marchés face à des acteurs puissants et implantés massivement ?
Pour faire simple, 93% des parts de ce marché sont détenues par quatre grands acteurs, bien qu’il existe des milliers d’autres maisons, très attirées par le marché français. Pour exister sur ce marché, il faut être différent, mais aussi avoir la capacité d’apporter la même qualité partout dans le monde.

Pour nous démarquer, nous faisons l’inverse des grands acteurs car nous pouvons le faire. Quand ils disent non, nous disons oui, quand ils disent oui nous disons non ; et ça marche. Nous avons aussi analysé leurs défauts reconnus sur ce secteur pour en faire nos fondamentaux. Nous vivons avec le client, il est impliqué au plus près, mais pour de vrai chez nous ! Ainsi nous n’avons pas besoin de bla bla marketing pour arrondir les angles car cela se voit, cela se vit et ce, dès que l’on pousse notre porte (d’ailleurs je ne suis pas sûr qu’il faille la pousser). Vrai cercle vertueux, quand le bon sens opère, il génère encore plus et mieux. Globalement, la profession est en récession d’environ -3% par an mais ceux qui partagent avec nous, progressent dès les premiers douze mois de +20 à +30%.

Vous venez de lancer votre site internet, quel a été votre parti-pris digital ?
Etre visible sur la toile ne serait-ce qu’avec un site est un impératif d’image aujourd’hui. Le temps où les maison de luxe disaient qu’elles n’y seraient jamais, est bien révolu. Elles ont fini par comprendre, plutôt rapidement d’ailleurs, que nos sociétés étaient au début d’une nouvelle ère et qu’une véritable révolution était en marche et inéluctable. Pour développer notre stratégie digitale incluant également les réseaux sociaux, nous avons alors choisi de faire appel à Abc-Luxe DIGITAL, agence digitale spécialisée dans le luxe, qui a une excellente connaissance de l’industrie cosmétique. Il nous ont aidé à bâtir notre virtuel univers pour expliquer en ligne et du mieux possible notre concept et notre philosophie de marque si particulière.

Nous avons voulu mettre de l’émotion tout en interpellant. Il est important de ne pas être trop lisse afin de créer l’envie d’en savoir toujours plus. Le premier contact lorsque vous arrivez sur le site, c’est la Provence, avec le chant des cigales, les lumières de Provence, les végétaux, le soleil… C’est notre ADN, l’ADN de nos produits, il était donc fondamental de le mettre en avant, même si nous avons choisi là aussi de ne pas le faire « comme tout le monde ».
Nous avons également remarqué que la Provence est un lieu qui fait rêver au-delà de nos frontières et tout autant que l’entité France reste un merveilleux étendard. Ainsi en Asie, aux USA, ou au Moyen-Orient, nous véhiculons une culture bien française.

Quelles sont vos ambitions pour les années à venir ?
Nous souhaitons devenir le premier groupe alternatif maîtrisant production, distribution et retail sur le marché de la beauté professionnelle. Nous souhaitons devenir un acteur de référence également à l’international, et notamment en Europe.

Quels sont vos besoins à l’heure actuelle ?
Faire parler de nous, améliorer nos process de production et notre démarche export. Pour ce faire, nous ambitionnons de lever des fonds auprès d’investisseurs indépendants qui nous ressemblent ou qui nous comprennent. Le bon interlocuteur qui nous permettra de garder le contrôle sur les fondamentaux, notre stratégie et nos politiques.

Avez-vous un produit favori dans vos lignes ?
Notre shampoing solide, sans eau. Comme nous voyageons beaucoup, il est très pratique, il ne coule pas dans nos valises et nous pouvons passer les contrôles de sécurité y compris si l’on voyage avec une simple valise en cabine. Du reste il est ultra-économique et se performe en vieillissant, riche d’être 100% végétal, il est composé à 100% d’ingrédients bio (nous sommes loin des 3 ou 10% ou 15% que le marché certifié nous concède) surtout il équivaut à une bouteille de 2,5 litres de shampoing professionnel. Pensé pour laver avec soin une fibre capillaire, il est tout aussi efficace en tant que shampoing que gel douche. D’ailleurs, pour la petite histoire, il est né sous l’eau, sous la douche !

Quelles sont vos actualités ?
Nous venons récemment de participer à travers la France au Rallye des princesses en tant que partenaires invités. Chaque participante avait son kit beauté expert, nous avions aussi une voiture à nos couleurs. Nous avons également été partenaires du salon Who’s Next qui nous ont, en autres, invités le 6 septembre dernier à organiser une animation au sein d’un « train d’avance », l’ID-fashion, un IDTGV qui reliait Marseille à Paris avec à son bord, clients et medias en route pour rejoindre la faune de la mode sur l’un des plus grands salons mondiaux dédiés aux tendances du prêt-à-porter. Nous avons transformé le restaurant-bar en bar à beauté pour restaurer en bien la mode et la tendance dès Marseille. On adore faire ce type d’action et on adore les organisateurs du Who’s Next qui nous ressemblent, et avec qui nous parlons le même langage depuis quelques éditions maintenant.
On aimerait beaucoup que Maison & objet nous appellent aussi, mais nous n’avons pas leur numéro. On a quelques idées pour eux.

De quoi êtes-vous le plus fier ?
D’exister tout d’abord car nous sommes partis de rien. Ensuite, nous sommes heureux de pouvoir proposer des innovations, tout en ayant pu réaliser quelque chose qui de prime abord semblait irréalisable : créer la société idéale qui distribue les bons produits, avec le bon esprit. Nous sommes fiers de prouver que cela marche, tant au niveau sociétal qu’en terme de produits. Tout cela depuis notre France, en Provence.

http://www.vegetalement.com/

Interview réalisée par Kathy O’MENY et Mathilda PANIGADA
Pour abc-luxe. Septembre 2015.

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