Rencontre avec Sylvie Marot, commissaire de l’exposition Anne-Valérie Hash "Décrayonner"

Publié le 29/03/2016 par Mathilda Panigada
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À quelques jours de l’exposition, Décrayonner la Mode au Musée de la Dentelle et de la Mode de Calais, consacrée au travail de la créatrice Anne-Valérie Hash, nous nous sommes entretenues avec Sylvie Marot, commissaire de l’exposition, à propos du travail de la créatrice et des enjeux liés à cette rétrospective.

Pouvez-vous nous expliquer ce qui vous a séduit dans le travail de Anne-Valérie Hash et pourquoi la volonté de lui consacrer une exposition ?

J’ai « rencontré » le travail d’Anne-Valérie Hash lors de ses tout débuts. J’étais alors une commissaire d’exposition novice et la démarche de déconstruction/reconstruction de cette jeune créatrice m’avait particulièrement séduite. J’en aimais l’ambiguïté et la modernité. Il y a deux ans, je l’ai rencontrée en personne. Elle venait de décider de marquer une pause ; ce moment de temps suspendu était idéal à la réflexion, c’était l’occasion de se pencher sur ce travail. J’ai provoqué la rencontre entre elle et le musée. Et voilà le résultat.

Comment s’est déroulé le processus de sélection des pièces exposées au Musée de la Dentelle de Calais ?

Parmi les quelque 2 500 pièces conservées par la créatrice, il a fallu extraire des pièces fortes, des pièces qui disent des choses de cette histoire en train de s’écrire. C’est tracer un chemin, c’est bien là tout le travail du commissaire. Le tout s’est fait en dialogue avec elle.
Mais c’est aussi faire le deuil de pièces non exposées parce que non "disponibles". Les expositions, c’est ce qui est montré et ce qui ne l’est pas. Heureusement les lacunes peuvent être comblées : par la vidéo notamment. Mais il m’importait aussi d’apporter une certaine poésie par les textes - une partie étant écrite à la main - ou les photographies.

Quels sont les enjeux de cette exposition ? Qu’avez-vous souhaité souligner ?

L’enjeu - je n’aime pas trop ce mot - est que le visiteur rencontre ce travail qui ne se veut pas ostentatoire, que le regard se pose sur le détail, qu’il prenne le temps de regarder, de pinterester, de facebooker mais surtout de crayonner, dessiner. On a ôté les vitrines pour tendre le plus possible à une certaine proximité. Le jeu - que je préfère à l’enjeu - est peut-être de continuer les "dé-". De trouver des mots qui accordent sons et sens.

Quelles ont été les difficultés lors de la préparation de cette exposition ?

Anne-Valérie Hash n’est pas une star du strass ni du stress. Elle ne fait pas du caprice son mode d’existence. Alors, de difficultés je n’en vois aucune. La seule fut peut-être de devoir faire des choix. Mais c’est la vie qui est ainsi faite !

Découvrez l’interview de Anne Valérie Hash par Abc-luxe

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