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Le tourisme du bien-être suscite l’intérêt |
29/07/2009 |
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Le tourisme du bien-être bénéficie de deux moteurs indéniables : une tendance de fond positionnant l’hédonisme au cœur des préoccupations des Français et le vieillissement d’une population qui entend bien rester jeune et en forme. C’est effectivement toute une génération qui arrive à l’âge de la retraite, avec un pouvoir d’achat élevé et du temps disponible.
Si le marché est porteur sur le long terme, il n’échappera toutefois pas aux effets immédiats de la crise conjoncturelle. Le bien-être, à l’instar des autres postes de dépenses non contraintes, sera impacté par les arbitrages de consommation des Français.
Face à cette crise, le contexte concurrentiel va se durcir sur le marché du tourisme de bien-être.
D’une part, la concurrence intrasectorielle, entre d’un côté les spécialistes de la thalassothérapie (Thalazur, Thalacap, Relais Thalasso, Accor Thalassa), et de l’autre les groupes de thermalisme (Valvital, Thermalliance, etc.), hors séjours remboursés par la Sécurité sociale, sera encore vive.
D’autre part, les spécialistes de la thalassothérapie et du thermalisme seront concurrencés par un nombre croissant d’acteurs présents de manière plus ou moins directe sur le segment du bien-être.
Panorama des principaux opérateurs
Les spécialistes du thermalisme
Parmi les exploitants privés des stations thermales, quatre spécialistes se distinguent : la Chaîne Thermale du Soleil (présente dans 21 stations thermales), le Groupe Ebrard Eurothermes (8 stations), la Compagnie Européenne des Bains Valvital (9 stations) et Thermalliance (un réseau auquel ont adhéré 12 stations thermales). Confrontés à la baisse de fréquentation des établissements thermaux, ces opérateurs ont cherché à diversifier leur activité : sur le marché de la remise en forme (cures non médicalisées pour tous, centres de fitness pour Valvital), dans le secteur du thermoludisme (Eurothermes, Valvital) ou à l’étranger (Eurothermes). Ils pourraient également se diriger prochainement vers certains soins de suite et de réadaptations (postopératoires, après un cancer du sein, accueil des grands brûlés, etc.).
Les spécialistes de la thalassothérapie
La majorité des sociétés de thalassothérapie sont indépendantes et autonomes, toujours contrôlées par leurs fondateurs (parfois des médecins). Quelques opérateurs ont néanmoins donné naissance à des groupes constitués de plusieurs centres, soit par création pure soit par rachats : Thalacap (4 instituts), Thalazur (5) et Relais Thalassothérapie (4).
Les groupes hôteliers
Accor est de loin le groupe hôtelier leader en matière de tourisme de santé. Sa marque, Accor Thalassa, est présente sur tous les segments de marché (thermalisme, thalassothérapie, spa). Elle fait à ce titre figure d’exception. Très peu de groupes hôteliers intégrés français sont en effet positionnés sur le marché (ce qui s’explique en partie par un positionnement entrée ou milieu de gamme). Toutefois, des chaînes volontaires assurant la promotion d’établissements indépendants haut de gamme disposent d’une offre « bien-être ». C’est notamment le cas de Relais & Châteaux avec sa rubrique spa et beauté au sein de laquelle sont référencés 178 établissements dans le monde entier (dont 29 en France), ou encore Châteaux et Hôtels Collection qui recense plus de 60 établissements (55 en France) dans la catégorie « nos spas ». Certains centres de thalassothérapie avec hébergement intégré sont même rattachés à ces chaînes, à l’instar de la thalassothérapie Richelieu à l’Île de Ré ou du Castel Clara à Belle Île (Relais & Châteaux). Relais & Châteaux ainsi que Châteaux et Hôtels Collection proposent en outre des coffrets-cadeaux autour de cette thématique : Lys Spa & Bien-Etre (641 euros pour 2) et Evasion Bien-être et Spa (490 euros pour 2).
Concernant les opérateurs étrangers, plusieurs groupes figurant parmi les leaders mondiaux et développant pour la plupart des marques haut de gamme, ont équipé leurs établissements de centre de remise en forme, et de plus en plus de spas (Starwood Hôtels & Resort, Hilton…).
Les groupes de casino
Le leader français des jeux, Lucien Barrière, est présent dans le secteur via une station thermale (Enghien), un centre de thalassothérapie (La Baule) et deux spas (Enghien et Paris). L’autre leader des jeux, Partouche, se désengage progressivement du tourisme du bien-être (vente des établissements thermaux de Contrexéville, Vittel, etc.). Les thermes Sextius appartiennent encore au groupe : il s’agit d’un établissement de balnéothérapie.
Les opérateurs issus du monde de la beauté : l’exemple d’Yves Rocher
Le groupe Yves Rocher, à travers la marque Daniel Jouvance, dispose d’un centre de thalassothérapie à Pornichet et de 4 spas, en France et au Maroc. Le groupe a également ouvert l’Eco-Hôtel Spa à La Gacilly sous la marque Yves Rocher. Ce n’est pas le seul acteur du monde des cosmétiques à prendre position sur le tourisme du bien-être. L’Occitane a récemment ouvert un spa à Paris. Les Sources de Caudalie, établissement de vinothérapie en sont un autre exemple. En outre, certaines marques s’associent à des hôteliers pour gérer les spas de leurs établissements (Nuxe, Guerlain, Givenchy, etc.).
Les substituts aux acteurs traditionnels gagnent du terrain
1. Les groupes hôteliers en tête du peloton
Les groupes hôteliers équipés de spas sont aujourd’hui les principaux substituts aux acteurs traditionnels. Ils pourraient en outre pénétrer le secteur du bien-être de manière plus frontale en créant (ou rachetant) leurs propres centres de thalassothérapie ou, dans une moindre mesure, de thermalisme. Ainsi, ils constituent à la fois une menace comme nouveaux entrants potentiels sur le secteur mais endossent également le rôle de substituts.
Se placer comme des substituts du tourisme du bien-être au sens strict (thalassothérapie/thermalisme), est né d’une volonté des opérateurs positionnés sur l’hôtellerie haut de gamme (4 et 5 étoiles), voire de plus en plus milieu de gamme (3*) de développer une offre différenciée au sein de leurs établissements. L’équation est simple : l’engouement des consommateurs pour les services liés au bien-être et à la beauté en fait un marché porteur et donc attirant. Outre l’effet différenciation, les entreprises s’assurent aussi une source de revenus supplémentaire. Des prestations de bien-être ou de beauté permettent d’une part de doper la fréquentation de l’hôtel avec l’attraction de nouveaux clients et d’autre part de fidéliser une partie de la clientèle : augmentation du panier moyen des clients qui dépensent plus sur place à moindre coût avec un meilleur amortissement de certaines charges fixes ou semi-variables (loyers par exemple, personnel d’accueil, etc.). Une augmentation de l’activité de l’espace en lui-même (spa, institut de beauté) peut en outre être envisagée via une hausse de la fréquentation en ouvrant l’accès à une clientèle extérieure de l’hôtel ou via la vente de produits cosmétiques.
Moins de 15% des établissements hôteliers de chaîne haut de gamme
proposent un spa
Les activités liées au bien-être au sein des établissements haut de gamme de chaînes
unité : %, part du nombre d’établissements concernés
Source : Precepta
Les groupes hôteliers ont investi ces deux dernières années dans des équipements du type spa, instituts de beauté, etc. Precepta a dressé un état des lieux (non exhaustif) des activités liées au bien-être proposées au sein des établissements haut de gamme de chaînes. Conclusion : peu d’établissements hôteliers détiennent un spa dans leurs infrastructures. En effet, d’après l’analyse de Precepta, moins de 15% des établissements haut de gamme appartenant à des groupes hôteliers leaders disposent d’un spa (données 2008). Toutefois, la définition même du spa n’est pas stricte. Dans certains cas, il est associé à un institut de beauté. Dans d’autres, il s’agit d’un espace réunissant jacuzzi, hammam, sauna et piscine. Si l’offre reste encore faible, bon nombre de projets recensés sur l’hôtellerie haut de gamme et luxe incluent désormais la construction d’un spa. Il en est de même pour les rénovations d’établissements.
2. Les casinotiers
Les secteurs de la thalassothérapie et du thermalisme ont également séduit certains groupes casinotiers à l’instar de Partouche et Barrière. Leur parcours au sein du tourisme du bien-être a toutefois été totalement différent. Le premier s’est créé sur cette activité alors que le second s’y est diversifié. C’est Barrière au final qui demeure leader sur le tourisme du bien-être (voire le bien-être seul), alors que Partouche s’en désengage progressivement.
Les acteurs casinotiers disposent d’avantages concurrentiels indéniables pour entrer sur le marché. A l’instar des groupes hôteliers ils possèdent (ou exploitent) des établissements hôteliers pour héberger leur clientèle de joueurs, ce qui diminue l’investissement d’entrée. En outre, du fait de la législation sur l’ouverture des casinos, ils sont présents dans les stations thermales, climatiques ou balnéaires et bénéficient ainsi d’un certain ancrage local. C’est à la fois un atout du point de vue de l’attraction des clients, mais aussi dans les relations avec les acteurs locaux, pouvoirs publics ou entreprises.
En combinant jeux, soins et hébergement, les opérateurs peuvent augmenter le panier moyen de leurs clients ainsi qu’attirer des cibles différentes qui viendront uniquement pour l’une ou l’autre activité (avec la possibilité d’être séduites sur place par la seconde…).
Pourtant, ces avantages ne suffisent pas pour affirmer que d’autres casinotiers entreront prochainement sur le marché. Le développement dans la thalassothérapie ou le thermalisme est compromis par des conditions du marché des casinos peu favorables. La prochaine ouverture des jeux en ligne en janvier 2010 et l’internationalisation sont les deux principaux relais de croissance des plus gros groupes de casinotiers, qui font face à des difficultés sur leur cœur de métier (fort recul de l’activité des casinos « physiques »).
Deux types de stratégies sont envisageables :
- la diversification des activités pour faire face à la concurrence en ligne. Barrière a ainsi conforté sa position dans le bien-être (spa Spark à Enghien-les-Bains). D’autres opérateurs pourraient être tentés ;
- le recentrage sur le cœur de métier. La concurrence élevée et de toute part sur la Toile obligera les acteurs à être très réactifs et à concentrer leurs efforts, quels qu’ils soient (financiers, marketing, etc.). Le récent désengagement de Partouche de l’activité de thermalisme en est un exemple.
D’après l’étude « Le tourisme du bien-être » publiée par Precepta en juillet 2009
Accéder à la présentation de l'étude
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