|
|
| |
Un exercice de style version Hédiard |
12/10/2009 |
|
Abc-luxe a rencontré Patrick Szraga, le directeur général depuis septembre 2008 de l’épicerie fine Hédiard. Ex-Richemont, son expérience à l’international devrait lui être précieuse face au challenge d’internationalisation de la marque Hédiard plus particulièrement au Moyen-Orient et en Asie. Patrick Szraga travaille sur la rénovation des magasins dans le monde, il est également en charge de clarifier l’offre globale d’Hédiard.
Quelles sont vos ambitions pour pérenniser la tradition d’excellence d’Hédiard et lui redonner un « coup de jeune » ?
Mes ambitions sont de participer à la refonte totale de cette marque à forte valeur ajoutée, possédant un patrimoine datant de 1854. C’est une formidable opportunité que de pouvoir relever les différents challenges que l’on m’a confiés. L’objectif est de travailler sur le devenir de la marque avec tous les collaborateurs de l’entreprise. Nous avons choisi de ne pas faire appel à des consultants extérieurs. Nous souhaitons la repositionner afin de fédérer nos actionnaires et nos équipes. Notre démarche s’inspire des tendances du marché, de l’observation de la concurrence et de la prise en compte de best et worst practices. Notre politique de services liée à l’exigence demeure quant à elle une priorité en matière de transfert de connaissance via la formation. L’alliance de la culture parisienne de la marque avec celle de notre actionnaire russe reste délicate à manier. Nos perceptions se rejoignent mais nos approches divergent.
Prévoyez-vous un événement particulier à l’occasion des 155 ans de la maison ?
Nous sortons un coffret composé de 155 produits spécialement conçu pour cette date anniversaire, véritable clin d’œil à la richesse de notre univers.
Au niveau international, comment se positionne Hédiard ?
C’est de l’international qu’est née la marque Hédiard. Ferdinand Hédiard, son fondateur, vit tout de suite l’intérêt de faire connaître aux parisiens des produits internationaux rares et venus des quatre coins du monde. C’est lui par exemple qui leur fit connaître l’ananas. Cette sélection internationale de produits est ancrée dans notre patrimoine gastronomique français.
Nos concurrents internationaux sont quant à eux positionnés en Angleterre, en Italie, au Japon et aux Etats-Unis. Nous disposons d’un large réseau de 300 partenaires pour ouvrir des corners à travers le monde, des concessionnaires à différents niveaux. Nous possédons 20 boutiques en propre dont 7 en France. De part la nationalité de notre actionnaire, nous comptons augmenter le nombre de points de vente en Russie et ce malgré l’effet de la crise. A Moscou, Hédiard est un symbole de luxe et une marque axée sur des produits frais.
Quelle position adoptez-vous face à votre concurrent Fauchon d’une part et à la crise économique d’autre part ?
Nous suivons notre propre voie bien distincte de nos concurrents et progressons à notre rythme dans l’idée de trouver notre propre chemin.
Quant à la crise, notre actionnaire, Serguei Pougatchev, rationalise cette situation. Ses critères de gestion sont stricts et il veille à optimiser notre profitabilité. En pleine restructuration, la crise ralentit juste le lancement de nos innovations culinaires.
Comment définissez-vous l’expérience client chez Hédiard ? 
Institution en gastronomie et référence parisienne grâce à nos produits ciblés, nos valeurs sont inchangées : recherche d’ingrédients d’exception, réinvention des fondamentaux, goût et exotisme. Nous sommes un véritable comptoir colonial où les arômes de nos fruits frais se mêlent à ceux de nos cafés fraîchement torréfiés. Cette émotion gustative est incarnée par notre savoir-faire à l’inverse d’un beau discours. Avec plus de 1200 références de cuvées dans notre cave, nos épices et nos confitures, nous avons choisi de garder cette multiplicité à travers plusieurs lignes de produits qui font notre réputation. Entre nos conseillers et nos clients, une sorte de respect mutuel est établi.
Quelle place accordez-vous au canal Internet ?
Nous sommes très intéressés par cet outil. Par rapport à l’expérience client en boutique, Internet demeure pour moi un média froid où l’ensemble des saveurs et senteurs de nos produits ne peuvent être appréhendées. C’est pour nous un vecteur d’image qu’il nous faut décomplexifier et mieux contrôler. Notre site Internet constitue en revanche un canal de vente complémentaire au retail et est connecté aux boutiques.
Comment définiriez-vous la marque Hédiard en trois mots ?
Hédiard représente à mon sens le goût et l’innovation. C’est une vraie référence en matière de gastronomie stratégique.
Quel manager êtes-vous ?
Je pense être un homme honnête et courageux. Je manage mes équipes de manière assez directive.
Quelle est votre boisson préférée ?
Le thé « mélange d’Hédiard », of course !
La composition 155 ans, 155 produits, disponible sur commande spéciale à partir du 16 novembre 2009, 1 555 €, poids d’environ 20 kg.
www.hediard.fr
Anne Brossard
|
|