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Dans le Noir ? Le Spa |
22/12/2011 |
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La vie parisienne et ses méandres sont d’une extrême complexité. La rue est bruyante, l’air est froid en ce mois de décembre et les gens se bousculent. Tout va si vite et pourtant… rue de Montmartre, à quelques pas de l’église Saint Eustache, se trouve un endroit où émane une apaisante et relaxante atmosphère : Dans le Noir ? Le Spa. L’endroit semble petit de l’extérieur, mais après quelques marches et étages, la réalité est bien différente. L’accueil est parfait, Djeneba et Cécile se font une joie de m’expliquer la suite du parcours, et le voyage au cœur même des sens commence...
Dans le Noir ? Le Spa aurait pu avoir comme slogan : « Venez comme vous êtes », mais il me semble que l’adage est déjà usité. Dans la loge, vous pouvez déposer vos affaires et enfiler les chaussons, la serviette et le peignoir prêtés pour l’occasion. Pas besoin d’apporter vos effets personnels, ici, vous êtes chez vous. Les complexes s’envolent en un temps record et lorsque vous franchissez le hammam, il n’y a plus que votre corps et vous pour seule compagnie.
Le hammam est le summum de la relaxation. Le jeu de luminothérapie vous embarque dans une folle aventure et la musique qui y est diffusée est un bonheur pour l’entendement. On se perd facilement, on se prend même à rêver quelques instants. Il suffit de fermer les yeux, d’écouter le chant mélodieux des oiseaux, d’oublier les aléas de la vie quotidienne voire de ne plus chercher sur quelle planète l’on se retrouve, pour se sentir revivre. La douche est un retour à la réalité, mais une étape importante à la préparation au modelage, de plus, les essences proposées par Djeneba pour se laver exaltent mon odorat : amande, fleur d’oranger, eucalyptus, fruits rouges… Il faut se laisser aller et ne pas se retenir de quelconques appréhensions.
La suite du parcours est une véritable découverte. La lumière est basse, la table de modelage prête et la mise à nue très délicate. Confier son corps à une autre personne est toujours un subtil instant d’anxiété, mais l’atmosphère s’y prête si bien. Djeneba ne juge pas, elle apporte toutes les explications possibles et entreprend un modelage dans la pure tradition marocaine : relaxant mais énergique. Je choisis un modelage dans le noir total, pas question de louper une si grande occasion sensorielle, et dans la pénombre, je suis seule.
L’huile de modelage à la camomille me détend et les arômes diffusés me séparent instantanément de mon corps. L’impression de dualité n’était plus, je n’étais plus qu’une âme, laissant ma chair aux bons soins du toucher de Djeneba. Ce fut le plus délicieux de tous les voyages. Doigts de pieds, mollets, cuisses, reins, dos, épaule, cou, bras, oreilles, cuir chevelu… jamais la sensation de toucher n’avait été si agréable. Une seule volonté vient à l’esprit : que cet instant ne finisse pas.
Charlotte Godard
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