|
|
| |
« Made in China » : un retour vers l’excellence ? |
12/07/2012 |
|
« Durant des milliers d’années, le Made in China a été synonyme de qualité et d’un savoir-faire inégalé » selon Pascal Armoudom, consultant chez AT Kearney et auteur d’un récent rapport sur le sujet. « Cela a changé au 20e siècle lorsque la Chine s’est engagée sur une autre voie ». Mais aujourd’hui, « avec une économie à nouveau en plein boom, les hommes d’affaires chinois font revivre et remettent sur le marché, des siècles de savoir-faire pour créer une nouvelle génération de marques de luxe » explique M. Armoudom.
Avec un marché chinois du luxe pesant actuellement 10 milliards de dollars et estimé à 27 milliards de dollars en 2015, il serait en effet dommage pour les marques locales de louper le coche et de laisser le premier marché mondial du luxe aux maisons occidentales. En effet, seulement 5% de marques de luxe présentes sur ce marché sont chinoises ; elles souffrent par ailleurs d’un manque de notoriété. Or, comme l’explique Chloé Reuter, de l’agence de communication spécialisée dans le luxe en Chine, Reuter RP, « Il y a un énorme potentiel pour les marques qui peuvent profiter de la fierté et du patriotisme ». La styliste Guo Pei explique en effet : « Après 2008 [année des Jeux olympiques de Pékin], j’ai réalisé à quel point j’étais fière d’être Chinoise. C’est ce que je veux exprimer dans ma dernière collection en parlant de mon pays, de sa culture et de ses habitants ». Quinze à vingt marques proposent ainsi un luxe autochtone - un nombre en constante augmentation – à l’instar de la maison Herborist, qui utilise des herbes et des procédés traditionnels chinois pour fabriquer des produits de beauté haut de gamme. De même, NE Tiger cherche à réinventer la robe traditionnelle chinoise, quand Moutai présente son alcool à base de sorgho dans des bouteilles de collection.
Mais si le blason du Made in China est à redorer avec les Occidentaux, il doit également l’être auprès de la population chinoise qui considère que « leur pays est encore synonyme de mauvaise qualité. Et face au choix entre une marque locale et une marque étrangère, beaucoup de consommateurs n’hésitent pas » explique M. Armoudom, avant d’ajouter : «Nous pensons que le tournant viendra de la nouvelle génération – née dans les années 1980 et après – qui a été plus exposée à des produits chinois de meilleure qualité ».
Mathilde HEDOU
|
|