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Les ventes privées, un véritable phénomène de société |
03/06/2009 |
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Les ventes de produits luxe à prix cassés se multiplient et les marques n’hésitent plus à pratiquer cette démarche. Derrière la vitrine des maisons de ventes privées se développe toute une organisation minutieuse, des exigences pointues et une logistique aujourd’hui bien rodée. Malgré la crise, les internautes continuent à consommer et ce phénomène connaît un réel essor !
Le principe des ventes et ses exigences
Le principe des ventes privées repose sur l'organisation de ventes d'articles de marques déstockés à prix discount pendant une durée de 1 à 6 jours. Si les ventes privées existent depuis déjà de nombreuses années chez les marques de luxe, elles sont apparues sur le Web en 2001 avec la création de venteprivée.com, un site qui depuis occupe la place de leader. Le phénomène a pris une telle ampleur que des dizaines de sites du même genre ont fait leur apparition sur le Web au cours des 5 dernières années (venteprivée.com, espacemax.com, brandalley.com, showroomprive.com…).
Alors que les prix affichent des réductions -30% à -70%, les internautes accèdent à des marques qu'ils n'auraient pu s'offrir. Les prix sont toujours mis en place après négociation entre la marque et le site. Certaines marques de luxe lancent des « ventes exclusives ». « L’image de marque et le respect de la marque sont les mots d’ordre » déclare Antoine Leloup, directeur général de Brandalley. Sur AnnaSand ou AnnaSand VIP, filiale "Luxe" de Brandalley, numéro un des grands magasins outlet online et numéro deux des ventes privées en France, "une marque peut exiger d’être la seule marque présente sur le site pendant la période des ventes". Quant à Espacemax, les équipes veillent scrupuleusement à ce que chaque produit soit mis en valeur selon les souhaits de chacun et dans un univers personnalisé. Pour ce faire, le site travaille en très étroite collaboration avec chaque marque. Pour toucher la plus grande cible d’acheteurs potentiels, les sites de ventes privées n’hésitent pas à élargir leurs domaines : mode, cosmétique, joaillerie, horlogerie mais aussi équipements, produits high-tech voire même automobile comme en 2007 sur venteprivée.com.
Qui de la marque ou du client est le plus gagnant ?
Il existe des ventes privées réservées au comité du personnel (comme chez Hermès), dans des espaces privés (Adèle Sand) ou sur Internet. Ces ventes sur Internet dites privées demandent de s’être préalablement inscrit(e), c’est-à-dire d’avoir enregistré son adresse mail ou identifiant. Cela permet au site de réaliser des « opérations de recrutement ». Pour exemple, Brandalley a lancé une vente particulière il y a quelques mois. Ses deux critères étaient de percevoir le comportement du consommateur et de participer à une opération de recrutement. Le concept de cette vente a été baptisé Pay What You Want (Payez ce que vous voulez). 10 000 produits de 130 marques étaient proposés. Ce concept provient d’Angleterre où déjà quelques restaurants laissent carte blanche à leur client d’estimer le « juste prix » de ce qu’ils ont mangé. Le groupe de rock anglais Radiohead avait lui aussi mis en ligne ses ticket de concert. Pour la première fois en France, un site de ventes sur Internet a suivi ce modèle. Pendant 4 jours, les produits, vêtements et accessoires, étaient vendus au compte- goutte et cette exclusivité a séduit des consommateurs,pas si généreux ! 85 % des produits sont partis entre 1 et 2 €. Les 15 % restants ont été évalués à environ 20 % moins cher que le prix en boutique. Cette dernière réaction correspond au comportement du consommateur dit « éco citoyen ». Celui ci prête avant tout attention à la main d'oeuvre et au travail pour réaliser le produit plutôt qu'à son plus bas prix possible. A cette occasion, les marques ont pu écouler une grande partie de leur stock, des milliers d’articles ont été vendus en très peu de temps et les internautes y ont largement trouvé leur compte. Brandalley a tout de même enregistré entre 5 000 et 10 000 nouveaux membres. Opération de recrutement réussie.
Succès pour les produits de luxe en ligne
Une enquête a été réalisée par OpinionWay pour espacemax.com entre le 23 et 27 avril 2009 auprès de 1 293 individus afin de se rendre compte du comportement des consommateurs et de leurs habitudes.
Le tableau ci-dessous renseigne sur la fréquence d’achats des produits de luxe sur Internet : 34 % d’entre eux achètent au moins une fois par mois et 66 % moins d’une fois par mois.
A quelle fréquence réalisez-vous des achats de produits de luxe sur Internet ?

Source : OpinionWay
De plus, l’étude en ressort qu’un acheteur sur quatre a déjà acheté des produits de luxe sur Internet et 80 % d’entre eux ont l’intention de renouveler l’expérience. Parmi les acheteurs de produits de luxe en ligne, 34 % sont des adeptes et réalisent ce type d’achat au moins une fois par mois, ce qui représente plus de 2 millions de personnes.
La grande majorité des achats de produits de luxe a été effectuée sur des sites de ventes privées (71 % selon OpinionWay). Parmi les produits de luxe les plus recherchés par les internautes, les vêtements occupent la 1ère place (68 %), suivis par les produits cosmétiques et les parfums (46 %), les chaussures (44 %), les objets design, déco et ameublement (23 %).
Même par temps de crise, les consommateurs ne se ressentent pas frileux.
73 % des acheteurs de produits de luxe en ligne ont l’intention d’acheter autant ou plus de produits qu’avant. 60 % des internautes français sont attirés par l’achat de produits de luxe à prix cassés sur Internet et 24 % ont l’intention d’acheter des produits de grandes marques ou de luxe au cours des 12 prochains mois. 13 % avouent même leur intention d’en acheter plus qu’avant ! Lors d’une étude faite sur les membres d’espacemax.com sur leur intérêt d’acheter des produits à prix cassés sur Internet, 25 % d’entre eux étaient « tout à fait attirés », 35 % « plutôt attirés », 23 % avouaient être « ni attirés, ni pas attirés » et 17 % sont « plutôt pas attirés » ou « pas du tout attirés ».
Aujourd'hui, plus de 22 millions de français achètent en ligne et ce nombre progresse plus vite que le nombre d'internautes. Un grand nombre de marques intégre ce mode de distribution. Alors que la concurrence oblige les acteurs à se différencier par les produits et que 50 % des marques possèdent leurs boutiques en ligne, peut-on parler d'une dévalorisation de la marque ? Antoine Leloup insiste plus sur une « reconnaissance de la marque » avec une volonté de s’intégrer auprès d’un nouveau public.
Remerciements à Antoine Leloup, directeur général de Brandalley et Anne-Sophie Bouton, interlocutrice chez espacemax.com.
Flore Montandon
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