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  Rencontre avec Bruno Rogowski, fondateur et directeur de MAGDUS 22/02/2010

Les 7 et 8 avril 2010, l’Observatoire Magdus organise le 4e colloque européen des centres de marques et magasins d’usine. Abc-luxe a rencontré le fondateur de cet observatoire, Bruno Rogowski, afin de comprendre les enjeux et opportunités de cette activité, notamment pour les acteurs de l’industrie du luxe.


Quel est votre parcours ?

Je suis depuis 10 ans directeur marketing et communication de la Chambre de commerce et d’industrie de l’Aube. Afin de répondre à la montée en puissance du phénomène des magasins d’usine, la CCI a créé en 2004 un observatoire dédié à l’échange interprofessionnel des acteurs du secteur, à savoir les marques, les collectivités locales et les investisseurs, afin de stimuler le partage d’expérience. Le concept MAGDUS était né.

Chronologiquement, pourriez-vous retracer les grandes étapes de ce développement ?

En 1993, Marques Avenue, puis McArthurGlen sont les premiers grands opérateurs de magasins d’usine à s’implanter dans l’agglomération troyenne. Ainsi, depuis le début des années 90, la ville de Troyes est considérée comme la capitale européenne des magasins d’usine, avec plus de 85 000 m² d’espaces dédiés à cette formule de vente. En 2003, la CCI organise le premier colloque sur ce phénomène. En 2004, la création du site internet de l’Observatoire européen des centres de marques et magasins d’usine, donne naissance à l’entité MAGDUS. En 2005, la première édition européenne réunit 300 professionnels issus de 12 pays différents. En 2007, se déroule le second colloque européen de l’Observatoire des centres de marques, réunissant plus de 40 marques.

Aujourd’hui, quel est le panorama des centres de marques en France ?

Nous en dénombrons une vingtaine. De nombreux projets fleurissent en Alsace, en Normandie, dans le Loir-et-Cher, mais aussi à Toulouse et à Bordeaux. Mais les contraintes d’implantation, les oppositions locales ou les réalités du marché, ne permettront pas à tous ces projets d’aboutir.


Quelle est la typologie de clientèle des centres de marques ?

La clientèle est principalement nationale, et en partie européenne. Seul le centre La Vallée Village accueille régulièrement des clients de nationalité russe, brésilienne ou chinoise, en raison de sa proximité avec Disneyland Paris.

En termes d’importance et de nombre de centres de marques, quelle est la position de la France au sein de la concurrence européenne ?

Avec plus de 280 000 m² d’espaces dédiés, la France occupe la 4e position européenne, respectivement derrière l’Angleterre, l’Italie et l’Espagne, très friands de ce type de concept.

Quelles sont les perspectives d’évolution au sein de l’offre actuelle ?

Aujourd’hui, nous ressentons un nouvel intérêt de la part des marques. Le contexte économique actuel conduit logiquement les opérateurs à vouloir ouvrir leur périmètre d’action géographique et à envisager un développement, voire un élargissement, du concept (architecture, activités complémentaires d’« entertainment »…). Les marques de luxe sont pour le moment peu représentées au sein des centres de marques. En revanche, l’implantation de marques de prêt-à-porter haut de gamme augmente de manière caractérisée.

Le luxe est a fortiori un territoire séduisant et prometteur, comme le démontrent certaines initiatives en ce sens sur Internet, avec par exemple des sites comme vente-privée.com. Mais il est sans doute nécessaire d’adapter le concept pour y intégrer ces acteurs du luxe, afin de ne pas dénaturer l’image de leur marque. Certains opérateurs réfléchissent par exemple au développement de centres « éphémères », pouvant accueillir ces acteurs de manière événementielle.

Quelles sont les perspectives de développement du concept pour les années à venir ?

Le concept commercial, qui à l’origine, consistait uniquement à écouler les invendus, a fortement évolué depuis le milieu des années 1990. Nous avons pu identifier quatre générations de centres qui caractérisent l’évolution du concept depuis une vingtaine d’années.

La première génération fait référence aux premiers centres de magasins d’usine, du type « Usines Center », apparus dans les années 1980. Le manque de professionnalisme d’une grande majorité de promoteurs s’est révélé être un handicap pour la pérennité de ces centres.

Une nouvelle génération d’équipements est apparue au début de la décennie 1990 en France à l’initiative d’un nombre restreint de promoteurs spécialisés français (Concepts & Distribution) ou internationaux (McArthurGlen, Value Retail). Cette professionnalisation du secteur s’est traduite par une plus grande rigueur dans le mode d’exploitation de ces centres.

La troisième génération de centres est caractérisée par une architecture néovillageoise inspirée de la Main Street des parcs d’attractions et par une montée en gamme de son offre.

La quatrième génération n’est pas encore présente en France. En Italie notamment, les centres de marques ont repensé leur architecture et aménagement de manière beaucoup plus soignée, pour faire place à un univers commercial haut de gamme, dans une ambiance adaptée aux évolutions des modes de consommation et aux attentes des clients, en proposant un véritable parcours « shopping-tourisme », suscitant l’envie de consommer, de se promener, de se cultiver… voire l’envie de rester.

Ce sera d’ailleurs une des nombreuses thématiques abordées lors de la 4e édition du prochain colloque européen Magdus, les 7 et 8 avril à Troyes, une édition justement centrée sur les « enjeux de la nouvelle décennie » pour le secteur. De nombreuses marques se sont déjà inscrites.

Découvrer le programme de l'événement

Propos recueillis par Kathy O’MENY et Benjamin Massin

 
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