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Julien Fournié : un humaniste de la haute couture |
09/10/2007 |
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Passionné de mode, Julien Fournié aime mettre les femmes en valeur. Après avoir travaillé avec de grands noms, ce philanthrope de 32 ans a été le dernier directeur artistique de la maison Torrente. La mode mise à part, ses qualités d’illustrateur le font participer à de nombreux projets du design au cinéma en passant par la presse. Rencontre avec un créateur résolument "plurifonctionnel".
Pouvez-vous nous retracer votre parcours ?
Après l’obtention de mon bac, j’ai intégré une fac de médecine et ai obtenu une licence de biologie. J’aurai aimé devenir psychiatre pour enfant, mais je trouvais que les études de médecine n’étaient pas assez créatives. Ce que j’aime avant tout c’est le contact et l’ouverture vers les autres.
Première rencontre avec la mode ?
Ma grand-mère était corsetière, mon grand père tanneur. J’ai grandi dans un univers artistique, mes parents m’ont transmis l’amour de la culture, du dessin et de l’art. Ma mère a toujours cousu. Le premier souvenir que j’ai d’elle, c’est la texture douce et soyeuse de ses robes en taffetas et en crêpe de soie.
Quelles sont vos sources d'inspiration ? 
Je cherche à combattre la tristesse du quotidien qui s’insinue parfois dans l’existence. La mode véhicule quelque chose de féerique, de léger et de joyeux. Mes sources d’inspiration sont très variées, les héroïnes de comédies musicales en sont une. Surtout celles qui offrent un accès aux autres mais qui ont besoin d’être protégées. Deux de mes icônes préférées sont Véronica Lake et Ava Gardner. Mes muses correspondent à des types de femmes très différents, avec une prédilection pour les femmes voluptueuses.
Vous êtes donc opposé aux mannequins filiformes ?
Oui tout à fait, le problème d’anorexie est très présent dans le monde de la mode, je ne veux pas placarder un vêtement sur un cintre. Je souhaite faire de vrais vêtements pour de vraies femmes. Lors de mes défilés, mes mannequins sont de belles femmes de diverses morphologies, je crée un vêtement pour accompagner la femme, de jour comme de nuit.
Quelle est votre vision de la mode ?
Je pense qu’un créatif doit être avant tout "plurifonctionnel" et avoir également une vision pertinente du moment pour transmettre un message à travers un défilé. La mode n’est pas que de la "fringue". La manière de s’habiller correspond à un langage non verbal. J’ai l’impression parfois qu’en France on pense que tout nous est acquis, il y a une sorte de codification de la mode. Ce que je veux avant tout, c’est communiquer et générer de la joie, et ce, grâce à mes créations.
Comme qualifieriez-vous votre style ?
Mes créations sont architecturées, proches des courbes de la femme. J’imagine mes femmes ultra élégantes, avec des petites épaules, de la poitrine et des hanches. Mes tenues sont "easy-to-wear". Par exemple, un look idéal serait un tailleur sombre avec une jupe crayon et un chemisier à volants. Ou sinon, un pantalon large, une chemise avec un sautoir et des trotters. J’aime l’alliance féminin/ masculin, cela appuie à merveille les courbes de la femme.
Quelles ont été les rencontres déterminantes de votre carrière ?
De nombreuses personnes ont compté dans ma carrière. La première à me faire confiance fut Florence de Monza, journaliste pour le JDD et Paris Match. Toutes les personnes pour qui j’ai collaboré ou avec lesquelles j’ai collaboré ont compté : Jean Paul Gautier, Claude Montana, Jean Paul Cauvin et Nicolas Degenne. Une rencontre cruciale je pense dans ma carrière, a été celle avec Donald Potard, le fondateur de « agent de luxe ». Cet homme est avant tout humain, il va puiser en vous ce que vous avez de meilleur. C’est un businessman certes, mais il vous place au bon endroit au bon moment et ce en fonction de votre demande. Il aide le créatif à se définir et à se souligner.

Quelle a été votre création la plus marquante ?
La robe constellation a été probablement une de mes créations les plus remarquées. Il s’agit d’une robe fourreau sans manche avec un décolleté plongeant devant et dans le dos. Elle est en organza noir et tulle illusion, rebrodé de constellations par Monsieur Lesage. De plus, j’y ai ajouté des épaulettes comètes et une traîne sirène en ruchés de taffetas. Cette robe que j’ai recréée dans diverses versions pour mes clientes, a une touche "espagnolade" qui m’est chère. L’aspect seconde peau du fourreau presque transparent la rend vraiment intemporelle.
Passion pour les illustrations de défilé …
Tout passe par le dessin . Une collection par exemple, est une longue gestation qui peut durer pendant un mois. Il m’est arrivé de dessiner 180 modèles en une semaine. Je pense que le dessin est mon moyen d’expression, un bon dessin vaut mieux qu’un long discours. Je dessine en 3D, je pense en 3D, dans un croquis, toutes les coutures sont visibles. Vous me trouverez probablement, lors des défilés, au premier rang, en train de griffonner sur mon bloc car j’aime aussi, par ce moyen-là, rendre hommage aux créations des autres.
Vos ambitions ? Vos projets pour les années à venir ?
J’ai travaillé sur un projet de chaises pour Alitali avec Paco Rabanne. Elles viennent de sortir. Une collection de chaises pour adultes et enfants signées de mon nom sont encore dans les cartons. J’ai ensuite participé au dernier film de Bernard Stora « Elles et moi ». Il s’agit d’une fiction pour France 2 qui devrait sortir courant 2008 pour laquelle j’ai créé une collection couture, pour une scène de défilé qui en est le fil rouge. Dans le milieu cinématographique, je projette également de travailler dans la réalisation d’un dessin animé sur la mode. Actuellement je suis designer pour une marque d’accessoires et mon rêve serait de le redevenir très vite pour une maison de prêt à porter feminin.
Constance Tsatsanis
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