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  Géraldine Crespo, demain tous chapeautés ? 07/07/2009

Géraldine Crespo lance sa première collection de chapeaux féminins en 2007. Après avoir collaboré pour de hauts noms de la couture française, elle décide de créer sa propre marque : « Caboche ». Entre chapeaux et bijoux de tête, Géraldine revisite des savoir-faire de tradition, comme d’anciennes techniques de moulage sur formes en bois, pour concevoir des accessoires avant-gardistes qui collent à la tendance « rétro-contemporaine ». Abc-luxe est parti à la rencontre de cette jeune créatrice pour qui luxe rime avec sur-mesure.

Quel a été votre parcours professionnel ?
J’ai fait l’école d’arts appliqués Duperré en me spécialisant dans la scénographie et c’est par le biais du théâtre que j’ai découvert le chapeau. Je suis entrée dans le monde de la mode en tant qu’accessoiriste. J’ai eu la chance d’effectuer un stage au sein de la maison Michel qui m’a permis de travailler pour Chanel et Givenchy. Forte de cette expérience, j’ai ensuite eu l’envie de créer ma propre marque.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées lors du montage de votre projet ?
Trouver les fonds ! Mais j’ai eu la chance d’obtenir une bourse auprès du ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, après avoir remporté en 2007 le prix « Envie d’Agir-Défi Jeunes ». La difficulté pour moi réside aussi dans le fait que je suis à la fois créatrice et commerciale. Je travaille avec un photographe et un graphiste, mais je recherche toujours un agent pour déléguer la partie commerciale.

Avez-vous une anecdote à partager avec nos lecteurs ?
Depuis que je suis dans la création d’ornements de tête, j’ai remarqué certaines tendances. Les clientes asiatiques m’achètent des pièces en grande quantité pour les revendre à Hong-Kong où le chapeau est un accessoire bien plus démocratisé. En France, je suis cantonnée au salon du mariage car dans notre société, le chapeau ne se porte pas au quotidien mais lors de cérémonies. De janvier à juillet, j’ai des commandes, après je suis en période de flottement.

Quelle est votre source d’inspiration pour la réalisation de vos chapeaux ? Qu’est-ce qui vous anime dans ce métier ?
L’incarnation d’une femme multiple qui revêt différents visages face à diverses circonstances. Ma ligne « Eternel Féminin » reflète une diva, « Héroïne » qui rend hommage à celles qui sont pour moi des icônes de la féminité. Le modèle « Liza », par exemple, véhicule l’image de Liza Minnelli. Je puise mon inspiration dans le retour au vintage. C’est la grande tendance du moment et il se trouve que cette mode colle parfaitement à mon univers. Je veux incarner le « rétro contemporain » à travers le milieu du cabaret, mes origines latines et mes voyages. Mon sujet part toujours d’un sens. A travers « Caboche », je souhaite instaurer une dimension ludique au chapeau. Il représente un accessoire que l’on change aussi souvent qu’un sac à main. J’aimerais faire évoluer les codes et ôter dans l’esprit des gens cette idée de durabilité, d’une pièce unique dans sa garde-robe que l’on sort pour les grandes occasions.

Aujourd’hui quelles sont vos différenciations ?
Le sur-mesure. Mes chapeaux sont moulés et non cousus. Je n’utilise pas de machine à coudre mais des moules comme cela se faisait autrefois, au départ mes créations ressemblent davantage à des sculptures. D’autre part, je réalise tout moi-même, de la création à l’objet final. Tout est fait main. J’achète mes perles chez Fried, à Paris, et mes matières en Italie, chez les frères Cappelli, illustres marchands de tissus. Mes formes en bois proviennent de chez M. Laforme, dernier formier parisien.

Sous quelles formes communiquez-vous pour assoire la notoriété de votre marque ?
Je mise beaucoup sur le bouche à oreille et les relations presse. Sinon je suis présente sur les salons professionnels du mariage et accessoires de mode. Je m’adresse à des particuliers comme à des professionnels, même si mon idéal à long terme est de ne pas être en contact direct avec mes clients.

Quelle est votre définition du luxe ?
Pour moi le luxe est synonyme de sur-mesure, c’est la possibilité de s’habiller d’une pièce unique, chose extrêmement rare de nos jours. Et puis, bien sûr, c’est aussi la qualité et la richesse des matières employées. Le luxe est un univers magique. Dans mes collections, j’utilise beaucoup de perles de culture, j’en suis une inconditionnelle. J’emploie également des satins, du feutre à poils longs ou encore de la paille de palmier.

Vous vendez vos créations sur trois sites marchands et êtes présente dans deux magasins multimarque en France, quels sont vos choix de distribution pour l’avenir ?
J’ambitionne d’ouvrir une boutique showroom, je dis « showroom » car je ne veux pas être dans le magasin tout le temps, il me faut du temps pour créer. Les clients devront prendre rendez-vous. Je souhaite également étendre mon réseau multimarque et travailler avec des showroom privés, car je sais qu’ils existent. Je travaille, en outre, sur mon site internet pour le rendre marchand. Je vais faire l’essai de la vente d’accessoires en ligne mais dans un premier temps, avec des modèles qui n’imposent pas de demande de taille. Par la suite, je veux également tenter de vendre mes chapeaux on-line avec un chemin explicatif pour prendre soi- même les mesures de tête. On verra si le projet est un succès…

Peut-on connaître vos objectifs de vente pour cette année ?
Je souhaite atteindre un chiffre d’affaires de 60 000 €, soit la vente de 200 pièces. Je ne perds pas espoir, j’ai déjà fait la moitié du chiffre.

Quelles seront les tendances pour l’hiver 2009-2010 ?
Cet hiver je propose un retour dans l’univers des années 50’ où le feutre et le bibi seront les maîtres mots de ma collection. La tendance actuelle est plus tournée vers l’ornement de tête que vers le chapeau à proprement parlé. Le bibi répond à ce courant parce qu’il n’est pas un couvre-tête. Pour ce qui est des teintes, je vais proposer un modèle déclinable en plusieurs coloris sur demande. Je projette de lancer une ligne homme qui sera, je l’espère, en ligne fin septembre. Je me suis aperçue que les hommes se chapeautent plus facilement que les femmes et assument davantage l’excentricité. Afin de répondre à ce marché, je leur présenterai de hautes formes, des bordures asymétriques mais resterai dans des couleurs standard comme le vert forêt, le noir, le chocolat ou encore le gris souris. Ces accessoires homme pourront devenir unisexes, se jouer de leur sens premier, et venir orner la tête de femmes actuelles qui aiment à arpenter des tenues masculines.

Actuellement, Géraldine Crespo cherche à accroître sa notoriété mais l’originalité de ses créations hors du temps et l’attention portée aux finitions, ne manqueront pas de séduire les amateurs d’avant-garde comme elles ont déjà séduit Chanel. A chaque style son chapeau Caboche pour mettre en exergue la beauté unique de chacun car comme nous l’a confié Géraldine : « il y a quelque chose de beau en chacun de nous ». Bonne chance à cette artiste qui a plus d’un tour dans son chapeau !
www.chapeauxcaboche.fr  



Audrey Depommier

   
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