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  Missymoo, une histoire cousue main 13/07/2009

Natasha Wroth, styliste, a créé depuis peu sa marque « Missymoo » et se plaît à revisiter les vêtements d’époque en leur apportant sa touche personnelle. De la veste pirate au corset victorien, son inspiration vaque sur divers horizons. Portrait d’une jeune créatrice dont le rêve est d’ouvrir un magasin en nom propre et vivre de sa passion : la couture.

Esquisse d’une voyageuse
Natasha Wroth, australienne, intègre l’école de théâtre Western Australian Academy of Performing Arts. Elle se passionne très vite pour les costumes et les vêtements d’histoire pour lesquels elle suivra des cours de mode. A l’issue de cette formation, elle décroche le diplôme de costumière. Laissant libre cours à son envie d’ailleurs, elle se met à voyager. D’abord l’Angleterre où elle exerce des petits boulots en rêvant un jour de présenter sa première collection. Puis l’Italie, source d’inspiration déterminante en terme de tendances. C’est là-bas qu’elle fait son choix : elle sera créatrice. Achat de matériel, exposition dans un showroom, son projet se dessine mais la France l’attire… Si en Italie les grandes marques de luxe sont très prisées, en France, le savoir-faire, davantage reconnu, laisse sa chance aux jeunes créatrices qui font du sur-mesure et emploient de belles matières. Aujourd’hui âgée de 28 ans, Natasha s’est établie à Paris et compte bien faire connaître sa marque : Missymoo, surnom que sa mère lui donnait quand elle était petite, pour décrire un bout de chou effronté et coquet.

Une philosophie du détail
Curieuse et attentive au monde qui l’entoure, Natasha aime capter un détail qui sera le point d’ancrage de la création d’un nouveau sujet. Partant de cette idée, elle laisse vaquer son imaginaire jusqu’à lui inventer une histoire, un univers qui sera retranscrit dans un corset, une veste ou même un accessoire. Dans les livres, au détour d’une rue ou en feuilletant un magazine, l’inspiration naît de l’observation. Elle confie elle-même : « Si je ne crée pas, je deviens folle ». Elle ne fait pas de sur-mesure, mais chacune de ses collections reflète sa personnalité, ses humeurs et tout est réalisé main. Le luxe pour Natasha ? Une idée de rareté, une histoire de qualité de matières et de conception, un monde magique et intimiste. Et dans cet univers beau et implicite, le luxe c’est aussi la proximité avec les clients ; le refus d’une production de masse synonyme du passage à l’impersonnel.

Le style Missy Moo : vintage et rock&roll
Natasha Wroth, fascinée par le vêtement historique, s’est mise à créer des corsets victoriens, activité aujourd’hui parfaite par des tenues complètes tendance rock&roll et vintage. Les corsets d’autrefois sont revisités par Missymoo façon contemporaine, portés sur une chemise ou assortis avec un jean. Représentant cinquante heures de travail, un corset nécessite l’achat de baleines et agrafes en France et de tissus nobles en Italie. Le mariage de coupes anciennes et détails actuels, se retrouve également dans les vestes militaires aux manches pirates directement inspirées des livres d’histoire. Le style Missymoo, c’est le retour du vintage ponctué de touches classiques avec un zeste de rock&roll ; un esprit résolument chic et glamour pour une jeune femme fashion et pétillante, une icône sensuelle et active.

L’envie d’émancipation
Pour le moment, Natasha Wroth fait tout elle-même, du croquis à la réalisation de quelques pièces de taille standard, reflet de ses collections. Alors forcément, la première difficulté reste financière et elle ne dirait pas non à un partenaire pour l’aider à développer son projet. Désirant s’adapter au nouveau canal de distribution en vogue, elle pense se faire connaître dans un premier temps, grâce à son site internet qu’elle peaufine aujourd’hui et qui deviendra marchand à la fin de l’année. En terme d’objectif de vente, elle compte écouler 15 à 20 pièces de sa collection hiver pour couvrir ses frais et commencer à vivre de sa passion. A l’avenir, Natasha ambitionne d’acquérir une boutique en nom propre et d’accessoiriser sa collection avec des chaussures, des ceintures et des sacs à main. Elle souhaiterait également se rapprocher de sa mère, créatrice de bijoux en verre, pour parfaire ses collections.

Créer s'est imposé comme un choix naturel aux yeux de Natasha, qui retranscrit à l’identique ce qu’elle imagine lorsqu’elle ouvre un livre d’histoire. A travers ses collections, il est possible de se réapproprier des détails du passé et d’entamer un voyage hors du temps. Merci de nous avoir ouvert les pages de votre création et cap vers le futur !



Audrey Depommier

 
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