Une association anticorruption a déposé une plainte pour escroquerie et fraude fiscale visant la Fondation Louis Vuitton, propriété du groupe LVMH. Elle conteste notamment les 603 millions d’euros de « décharge » obtenus par LVMH. 

Le 15 novembre dernier, le Front républicain d’intervention contre la corruption (Fricc) a déposé une plainte contre X auprès du tribunal de grande instance de Paris, pour escroquerie, recel d’escroquerie, fraude fiscale et blanchiment de fraude fiscale.

Observant que le coût final de construction du bâtiment de la Fondation Louis Vuitton avait atteint près de 790 millions d’euros contre 100 millions d’euros annoncés au début du projet en 2006, le Fricc dénonce notamment le fait que LVMH ait pu bénéficier d’un dispositif fiscal lui permettant de déduire sur l’impôt sur les sociétés, 60 % du montant des sommes dépensées.

Le groupe aurait par ailleurs effectué une demande de remboursement de TVA. Selon la plainte, « la somme totale de décharge obtenue par le groupe LVMH et la Fondation Louis Vuitton » a atteint près de 603 millions d’euros.

L’association, qui qualifie le coût de la construction d’« exorbitant », note par ailleurs que la somme prévue pour les travaux de transformation de la Samaritaine, s’élève à 500 millions d’euros, bien que la superficie du chantier soit largement supérieure à celle de la Fondation Louis Vuitton. Dans ce contexte, le Fricc se demande en particulier « si le montant total de décharge » obtenu sur la construction de la fondation, n’aurait pas « permis au groupe LVMH de financer, à moindre coût, les travaux futurs du groupe ».

De son côté, la Fondation Vuitton a déclaré que cette plainte avait « manifestement été rédigée dans le seul but de nuire à la réputation de la Fondation Louis Vuitton », ajoutant qu’elle comptait également poursuivre le Fricc en justice pour dénonciation calomnieuse.

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