Confronté à d’importantes pertes financières dans un marché de la presse en crise, le groupe de presse américain Condé Nast a fait part de son intention de passer la totalité de ses titres sous « paywall », à savoir un accès limité aux contenus pour les utilisateurs non abonnés, d’ici la fin de l’année. Une stratégie qui avait été initiée en 2014, avec la mise sous paywall du magazine The New Yorker, suivi de Wired et Vanity Fair, et qui devrait permettre au groupe de générer d’autres revenus que ceux engendrés par la publicité et les annonceurs, qui représentent près de 70% du chiffre d’affaires de Condé Nast.

Dans une note adressée au personnel, le directeur général du groupe Bob Sauerberg affirme que chaque titre concerné, à savoir Vogue, Bon Appétit, Architectural Digest ou encore Condé Nast Traveller, fera l’objet d’une « stratégie unique » concernant le modèle de paywall adopté. « Tout comme nous l’avons fait pour chacune des marques actuellement derrière Paywalls, nous laisserons la demande et l’engagement des consommateurs dicter la manière dont chaque marque développe sa stratégie de contenu payant », explique Bob Sauerberg.

Après avoir accusé une perte nette de 120 millions de dollars l’an dernier, Condé Nast avait déclaré s’attendre à des résultats dans le rouge pour 2018. Dans ce contexte, le groupe avait pris plusieurs mesures pour réduire les coûts, notamment en se séparant de trois de ses titres, Brides, W et Golf Digest, mais également en signant la fin des éditions papier de Self, Teen Vogue et Glamour. Par ailleurs, en novembre dernier, le groupe de presse a en effet annoncé le regroupement de ses activités américaines et internationales dans le but de réduire les coûts et renouer avec la croissance.

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