Portée par des résultats records au cours de l’exercice 2017, la griffe florentine affiche d’ambitieux objectifs de croissance pour les années à venir, avec le souhait de devancer son éternel rival français, Louis Vuitton, au titre de première marque de luxe mondiale.

10 milliards d’euros de chiffre d’affaires
Gucci voit grand pour l’avenir. C’est en tout cas ce qu’a annoncé Marco Bizzari, PDG de la maison de couture, au cours d’une conférence de presse faisant suite à la journée dédiée aux analystes et investisseurs, qui se tenait jeudi dernier aux environs de Florence. L’enseigne, qui s’impose comme la première source de revenus du groupe Kering, a en effet indiqué viser une croissance deux fois supérieure à celle du marché du luxe, qui oscille entre +6% et +8%, afin d’atteindre 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et une marge opérationnelle de 40%. La marque affiche ainsi son ambition de ravir à Vuitton, dont les ventes sont estimées à plus de 8 milliards d’euros, sa place de première marque de luxe mondiale.

Des objectifs de croissance largement revus à la hausse, et portés par le dynamisme de la griffe depuis l’arrivée en 2015 du tandem Alessandro Michele – Marco Bizzari, respectivement directeur artistique et PDG de Gucci, artisans du succès du nouveau virage, artistique et stratégique, pris par la maison. Après avoir vu ses ventes progresser de +13% en 2016, celles-ci avaient bondi de +43% à 6,2 milliards d’euros durant l’exercice 2017, tandis que la marge opérationnelle s’établissait à 34,2%. Une croissance hors normes, qui s’est poursuivie au premier trimestre 2018, au cours duquel Gucci a revendiqué des ventes de +48,7% en comparable à 1,8 milliard d’euros.

Stratégie multicanale
Dans le cadre de cet ambitieux plan de croissance, Gucci entend capitaliser sur son réseau de distribution, qui représente actuellement 529 magasins gérés en propre, et qui fait l’objet d’un vaste plan de rénovation. Mais plutôt que d’étendre son réseau, la griffe florentine désire optimiser le trafic en magasin et les ventes au mètre carré, qui pourraient ainsi passer de 30 000 euros en 2017 à plus de 45 000 euros dans les années à venir, rivalisant ainsi avec les mastodontes Louis Vuitton et Hermès, dont les ventes au mètre carré peuvent atteindre près de 70 000 euros. Par ailleurs, l’enseigne devrait mettre l’accent sur sa présence digitale, afin de tripler ses ventes en ligne pour que le canal e-commerce représente environ 10% des ventes totales dans les années à venir, mais également pour continuer de séduire un public plus jeune et plus connecté. Enfin, les parfums et cosmétiques, qui possèdent un « énorme potentiel », pourraient représenter un levier de croissance majeur pour la marque.

Intégration verticale
Au cours de cette conférence de presse, Gucci a fait part de sa volonté d’intensifier l’internalisation de sa production, notamment sur le segment de la maroquinerie, afin de pouvoir répondre à la demande en forte hausse. Actuellement, la maison florentine confie 75% de sa production à des sous-traitants italiens. À terme, l’enseigne souhaiterait réduire cette part à 40%, afin que la majorité des articles de maroquinerie soient confectionnés en interne. L’intégration verticale de la production permettrait ainsi à Gucci de réduire considérablement les délais entre la réalisation des articles et leur livraison en magasin. La maison, qui a doublé en l’espace d’un an ses capacités de production, avait inauguré en avril dernier le Gucci Art Lab, un centre de recherche de 37 000 m2, situé près de Florence, dédié à l’innovation et au prototypage de ses sacs à main et souliers.

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