Après une reprise marquée à la fin de l’année 2016, la fréquentation touristique et l’activité hôtelière ont repris des couleurs en 2017. C’est le bilan que dressent les cabinets Deloitte et In Extenso dans le cadre de la 20e édition des tendances annuelles du tourisme et de l’hôtellerie, qui table également sur une croissance soutenue en 2018.

Après deux années marquées par la baisse de l’activité suite aux attentats terroristes de 2015, le marché tricolore du tourisme est reparti à la hausse en 2017. « Selon l’Organisation mondiale du tourisme, la France a atteint 89 millions de visiteurs en 2017, soit une progression de 6% par rapport à 2016. Elle reste la première destination touristique internationale », indique Philippe Gauguier, Associé Tourisme, Culture et Hôtellerie chez In Extenso. Un dynamisme qui a largement joué en faveur du secteur de l’hôtellerie, qui enregistre une hausse de fréquentation de près de 4% par rapport à 2016. Les taux d’occupation, favorisés par « le retour de la clientèle étrangère, la reprise économique sur les segments loisirs et business, et une année impaire favorable aux congrès », sont en hausse sur l’ensemble des segments.

L’hôtellerie parisienne reprend des couleurs
L’hôtellerie parisienne connaît une progression de +8% de son taux d’occupation et une légère hausse (+1%) du prix moyen. Grâce à la reprise de la fréquentation, le chiffre d’affaires hébergement est en croissance de +9% par rapport à l’année dernière. Toutefois, il reste en repli par rapport à 2013, notamment sur les segments Haut de gamme (-7%) et Luxe (jusqu’à -20%). À l’échelle du Grand Paris, l’industrie hôtelière a enregistré plus de 23 millions de nuitées. Des performances portées par la reprise économique et le dynamisme de l’activité touristique. Le trafic des aéroports parisiens a pour sa part progressé de +5% à 102 millions de passagers.

Les régions tirent l’industrie vers le haut
En régions, le chiffre d’affaires hébergement progresse d’un peu plus de +2% par rapport à 2016 et d’environ +6% depuis 2013, en croissance sur l’ensemble des catégories. La Côte d’Azur, qui avait connu un début d’année 2017 difficile, termine l’exercice avec un taux d’occupation en progression de +3% par rapport à 2016, et un chiffre d’affaires hébergement en hausse de +2%.

« L’hôtellerie en régions, et en particulier dans les grandes agglomérations, continue d’être un véritable moteur pour l’activité hôtelière française, tirant l’ensemble du secteur vers le haut. Les grandes villes restent attractives et contribuent largement à la croissance du parc hôtelier, souligne Olivier Petit, Associé Tourisme, Culture et Hôtellerie chez In Extenso. Ainsi, la capacité d’accueil des dix grandes métropoles a augmenté de 3,8% entre 2013 et fin 2017 et d’ici à 2020, près de 2 600 chambres feront leur entrée sur le marché haut de gamme et luxe ».

Perspectives et enjeux à l’horizon 2018
Favorisé par la bonne dynamique économique générale et du renforcement de l’engouement pour la destination France, le secteur hôtelier tricolore devrait poursuivre sa croissance en 2018, à Paris comme en régions, où elle devrait toutefois se faire plus modérée. En conclusion de cette étude, Deloitte et In Extenso soulignent la nécessité pour l’hôtellerie de se réinventer, afin de séduire une clientèle toujours plus exigeante : « Le consommateur touristique est plus averti, plus expérimenté qu’autrefois, et est donc plus exigeant, plus difficile à surprendre. Disposant de plus en plus d’un foyer suréquipé technologiquement, il s’attend à retrouver a minima la plupart de ces équipements dans sa chambre d’hôtel. Pour le séduire, il faut donc mettre l’accent sur d’autres aspects et repenser les offres, analyse Joanne Dreyfus, Associée Tourisme, Hôtellerie et Loisir chez Deloitte. Le marketing et la communication valorisent ainsi volontiers ce qui était autrefois considéré comme des périphériques du produit hôtelier : le restaurant, le bar, le lobby qui devient un espace de vie évolutif au long de la journée, le spa… Nous assistons à une ébullition créative, pour réinventer un produit hôtelier que nous pensions, à un moment, relativement figé dans des structures assez codifiées ».

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