La maison de couture Lanvin a annoncé jeudi 6 juillet le départ, effectif immédiatement, de sa directrice artistique Bouchra Jarrar. La créatrice avait pris les rênes de la maison au mois de mars 2016, quelques mois après le départ retentissant d’Alber Elbaz.

Bien qu’acclamé par la critique, le prêt-à-porter romantique et raffiné de Bouchra Jarrar n’aura pas suffi à redresser Lanvin. Quinze mois et deux collections seulement après l’arrivée de la créatrice à la tête de sa direction artistique, la maison de couture française a annoncé dans un communiqué, mettre un terme à sa collaboration avec Bouchra Jarrar. Une décision prise « d’un commun accord » et effective immédiatement. « Madame Wang tient à remercier Bouchra Jarrar qui a mis dès son arrivée tout son talent au service de la maison. Bouchra Jarrar remercie madame Wang de sa confiance. Elle tient en particulier à saluer le travail des équipes qui l’ont accompagnée tout au long de ces mois pour faire rayonner la création et le savoir-faire français. Bouchra Jarrar souhaite dorénavant se concentrer sur d’autres projets ».

Passée chez Balenciaga, Scherrer et Lacroix, Bouchra Jarrar avait fondé sa maison éponyme en 2010, et avait obtenu l’appellation Haute Couture en 2013. En mars 2016, elle avait mis sa griffe entre parenthèses pour se consacrer à la direction artistique de Lanvin. À la fin du mois de juin, elle avait été nommée officier de l’ordre des Arts et des Lettres.

Lanvin dans la tourmente

Au mois d’octobre 2015, le départ surprise d’Alber Elbaz avait créé un petit séisme dans l’industrie de la mode et suscité l’inquiétude des salariés de l’entreprise. Le couturier, qui occupait le poste de directeur artistique depuis 2001, était parvenu à sortir de sa torpeur la maison de couture fondée en 1889 par Jeanne Lanvin. Mais fragilisée par le départ de son directeur artistique vedette, Lanvin avait vu  ses ventes chuter de -23% à 162 millions d’euros en 2016, et avait accusé une perte nette de 18,3 millions, après un bénéfice de 6,3 millions en 2015.

Durant les deux premiers mois de l’exercice 2017, la tendance s’est accentuée et les ventes ont chuté de -32%.

Dans ce contexte, l’entreprise a mis en place un plan de réduction des coûts, se traduisant notamment par la fermeture de points de vente non rentables, la suppression de certains postes, et la réduction des budgets alloués à la communication ou aux investissements dans les magasins.

Selon le magazine Challenges,  la milliardaire chinoise Shaw-Lan Wang, qui contrôle 75% du capital de Lanvin, et l’homme d’affaires suisse Ralph Bartel, qui détient les 25% restants, envisageraient de « recapitaliser la maison à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’euros, afin d’effacer le déficit du précédent exercice et de relancer la marque ».

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