Hermès réinvente son carré de soie mythique

Les générations de mode passent, le foulard Hermès reste ! À 83 ans, ce compagnon des générations emprunt de chic à la française, continue de se réinventer. Après l’annonce de son arrivée dans l’univers de la beauté, avec la sortie prochaine de ses rouges à lèvres, Hermès dévoile une initiative inédite sur ses carrés de soie emblématique.

Décidemment, le carré de soie Hermès n’a pas fini de se renouveler et s’imprime désormais en double face. Cette pièce emblématique nécessite près de 450 kilomètres de fil, l’équivalent de 300 cocons de vers à soie et 40 personnes pour sa confection. Rien que ça !

Cet imprimé nouvelle génération, en vente dès le 17 février 2020, raconte la même histoire ; en français sur la face multicolore et en anglais sur la face monochrome. Cette innovation deux-en-un, la marque en rêvait depuis longtemps. Décliné en quatre modèles – trois pour femmes, un pour homme – exclusifs dont chacun reprend un motif unique, il sera mis en vente au prix de 490 euros.

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Une innovation technique encore peu maîtrisée dans l’univers de l’impression sur soie

Bali Barret, directrice artistique de l’univers féminin de la maison Hermès, affirme avoir eu l’idée « il y 10 ans, mais à l’époque tout le monde me disait que c’était impossible ‘techniquement’. Depuis, la technologie a fait de grands pas, et on a créé une machine spéciale ».

Pour la marque, cette innovation technique encore peu maîtrisée dans le monde de l’impression de soie est une petite révolution dont l’enjeu principal est de mêler la complexité des motifs à la porosité propre à la finesse de la soie : « Le défi était que la couleur ne traverse pas la soie, c’est-à-dire l’exact contraire de ce qu’on avait appris et fait jusqu’à présent ». Bien qu’aucun détail n’ait été dévoilé sur cette technique d’impression, Pierre-Alexis Dumas, directeur artistique d’Hermès, admet simplement que « c’est extrêmement complexe ». D’ailleurs, les spécialistes interrogés par l’AFP affirment qu’il est très difficile d’empêcher un tissu aussi fin que la soie d’absorber les encres : « aujourd’hui, classiquement, quand on imprime un carré sur une face, la couleur va traverser l’épaisseur pour se retrouver également sur la face envers », précise un expert de l’Institut Français du Textile et de l’Habillement (IFTH).

Une petite révolution pas tout à fait unique

D’après Cédric Brochier, PDG des Soieries Brochier, « il s’agit d’ une innovation technologique, mais ils ne sont pas les seuls à le faire. Nous avons nous-mêmes quelques modèles de ce type de carrés, dont nous avons sous-traité l’impression. D’ici avril, nous devrions avoir notre propre machine d’impression double-face » En fait, il se pourrait même que cette technique devienne standard, maintenant que l’aspect technique qui posait jusqu’à lors problème, est mieux maîtrisée. Toujours selon lui, il suffirait simplement de « prendre des encres assez sèches et trouver le bon équilibre quant aux quantités de matières appliquées »

Plus qu’un accessoire, un héritage

Lancé en 1936, cette pièce de soie connait un destin fabuleux et devient un intemporel notamment grâce à ses proportions généreuses (90 x 90 cm), sa matière luxueuse et sensuelle (le twill de soie) et ses dessins aux couleurs vives, inspirés de l’univers équestre. Pour la maison Hermès, le carré de soie reste selon Pierre-Alexis Dumas « un héritage, un patrimoine à enrichir de façon évolutive ». La division Soie et Textiles à laquelle appartiennent carrés, cravates et écharpes, représente 9% du chiffre d’affaire total du groupe, ce qui représente environ 537 millions d’euros de ventes en 2018.

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